La bête du Gévaudan, sérial Killeuse du 18ème siècle

Représentation de la bête du Gévaudan

Nous sommes le samedi 30 juin 1764, par une chaude journée d’été… Le soleil se couche tout doucement sur le petit village des Hubacs, dans la paroisse de  Saint-Etienne de Lugdarès en Vivarais. Jeanne Boulet, jeune fille de 14 ans, garde alors le troupeau de vache familial dans les pâturages, comme à son habitude.

Mais ce n’est que quelques heures plus tard, que des habitants du village retrouvent son corps dévoré et mutilé sous les crocs d’une bête féroce. Bien que les attaques de loup fussent courantes à l’époque, la taille et le caractère des blessures retrouvées sur le corps de la jeune fille semblaient … inhabituels. L’histoire raconte que des témoins ont assisté à l’agression de la jeune fille, et que la bête ne ressemblait pas à un simple loup. Ils racontent qu’elle avait de larges pattes aux grandes griffes, une grosse tête, une bande noire sur le dos et des flancs rougeâtres.

La pauvre Jeanne fut enterrée le 1er juillet 1764, soit le lendemain de son décès. Sur l’extrait du registre paroissial, on pouvait alors lire :

« L’an 1764 et le 1er juillet a été enterrée Jeanne Boulet sans sacrements ayant été tuée par la bête féroce présent Joseph Vigier Jean Reboul. ».

L’histoire aurait pu s’arrêter ici … mais le village et la région n’étaient pas au bout de leur peine. Car en effet, la « bête féroce » susmentionnée avait déjà sévit auparavant, sans que ce ne soit mentionné. Jeanne Boulet devint donc la première victime officielle de ce qui se fera appeler la « Bèstia de Gavaudan ».

Deux longs mois s’écoulent depuis le décès de Jeanne, qui avait ému le village. Les craintes et peurs concernant la manière dont la jeune fille s’était fait dévorer quittent peu à peu les esprits… jusqu’à ce 8 aout 1764. Un deuxième corps est retrouvé dévoré,  au hameau de Masméjean dans la paroisse de Puy-Laurent. Dès lors les agressions se multiplient, et la terreur gagne le cœur des paysans de la région, qui n’osent plus sortir le soir. Mais quelle était donc cette bête démoniaque ? Etait-ce un châtiment divin, un animal dressé pour tuer, ou un sérial killer sanguinaire ? Une chose était sûre, la chasse à la bête était ouverte.

Gravure colorée de la Bête du Gévaudan

L’offensive démarre le 15 septembre 1764, où troupes militaires et paysans volontaires, dirigés par le capitaine Duhamel, traquent ensemble le fléau meurtrier. On raconte qu’ils ne l’aperçurent jamais, mais que leur traque sans relâche délogea la bête de son territoire de chasse initial. Devant l’inefficacité des battues, et la peur grandissante des paysans, François Antoine est envoyé sur place par Louis XV. Le 21 septembre 1765, il abat un immense loup de la forêt des Chazes, et il exhibe fièrement sa dépouille, pensant avoir mis fin au règne de le bête du Gévaudan. La Gazette de France nationale ainsi que la cour se désintéressent alors de l’histoire, estimant que le sujet est clos.

Mais que nenni ! Le 7 octobre 1765, le corps sans tête d’une jeune fille retrouvé au village d’Apcher sème l’effroi et le désarroi dans la paroisse de Prunières. Huit jours plus tard, les chasseurs prennent enfin le monstre sur le fait, essayant d’attaquer un jeune vacher, protégé par ses vaches. A deux reprises les chasseurs tirent sur l’animal, qui se relève et parvient à s’échapper. La bête serait-elle immortelle ?

C’est finalement le 19 juin 1767, après près de 125 attaques, que la bête est tuée par Jean Chastel. En effet plus aucune attaque n’a été rapportée passée cette date.

Au final, bien que la bête du Gévaudan n’ait pas été le seul animal en France à avoir semé la terreur –on se souvient notamment de la bête d’Evreux, du Cézailler ou encore de Brive- l’épisode désormais élucidé (et oui !) a pris une ampleur telle qu’il a marqué l’histoire. En effet, ces faits ont prouvé que premièrement, malgré le siècle des lumières dans lequel ils ont pris place, l’obscurantisme religieux et les superstitions démoniaques avaient encore un grand impact sur la pensée collective. La dépouille de l’animal a notamment été étudiée et les conclusions sont pour les moins… surprenantes. Le terrible animal ne serait autre qu’un Chien mâtin, un animal mi- chien/mi- loup, dressé pour tuer. Et j’ai bien dit dressé. Car rappelez-vous des faits : des corps ont été retrouvés décapités, et parfois même sans vêtements. Et ce n’est pas un animal qui aurait pu faire ça. De plus les victimes sont très généralement des jeunes filles, des cibles faciles pour un animal… mais surtout pour un homme.

L’histoire, finalement plus glauque et moins mythique a notamment évoqué la théorie que Jean Chastel serait un sérial Killer qui aurait profité de la psychose générale liées aux attaques de loups et de son chien dressé pour commettre des agressions sexuelles sur les jeunes filles, avant de les tuer et de les décapiter…

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