Catégorie : Lourdes dans tous ses états

Depuis 1858, Lourdes accueille femmes, hommes et enfants de toutes les villes de France, de tous les pays, de tous les continents. Lieu de pèlerinage cosmopolite, qui regroupe langues et cultures diverses, Lourdes est surtout un lieu de partage, d’amour et de foi. Mais Lourdes, c’est également un lieu Saint où des miracles se produisent et suscitent la curiosité.

En cette année 2018, Lourdes fête ses 160 ans d’apparitions de la Vierge Marie à Bernadette. L’occasion de revenir sur les phénomènes de guérisons spontanée qui piquent la curiosité des scientifiques et attisent la méfiance des plus sceptiques.

Mais qu’est-ce qu’un miracle? Selon Patrick Sbalchiero, historien et auteur du « dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétiens »:

« La définition du mot a quelque peu varié au cours de l’histoire. Le miracle, du point de vue des croyants, est un signe de Dieu revêtu d’un prodige matériel, tangible, comme une guérison miraculeuse, des stigmates, etc. J’ajouterais qu’il s’agit d’un prodige dont aucune explication naturelle ne peut rendre compte. »

Le nombre de miracles s’élève aujourd’hui à 70. La dernière en date étant Sœur Bernadette Moriau, aujourd’hui âgée de 79 ans. Les faits remontent en 1966, quand la sœur ressent pour la première fois les signes d’une maladie affectant les racines rachidiennes des vertèbres lombaires et les racines sacrées. Autrement connue sous le nom de syndrome de la queue-de-cheval, la maladie l’oblige à subir diverses opérations, qui n’y changeront rien. Equipée d’un corset, d’attelles, et sous médicaments, elle se rend à Lourdes en juillet 2008, afin de récupérer la force pour supporter la souffrance qu’elle endure. En effet, elle raconte, lors de son témoignage en février 2018 :

« J’ai parfois été découragée, j’en avais assez de la souffrance, j’avais envie d’en finir, mais je n’ai jamais douté de Dieu présent à mes côtés. Je crois que ma vie était aussi féconde quand j’étais malade que maintenant ! « 

Elle n’y allait donc pas pour être soignée, persuadée de finir ses jours dans un fauteuil roulant. Cependant, elle est témoin une fois sur place d’une apparition et d’une forte chaleur intérieure, qui se reproduisent une fois rentrée chez elle. Sous l’impulsion de sa foi, elle se déleste de son matériel médical et stop aussitôt son traitement. Trois jours plus tard, elle part marcher avec sa sœur: elle était guérie.

Et la science dans tout ça ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la science a bel et bien son mot à dire. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales au faible taux de miracles de ces dernières années. En effet de puis 1947 le comité médical international de Lourdes existe. Une fois par an, ils se réunissent pour débattre sur les dossiers en cours, et valider ou non le miracle préalablement déposé au bureau des contestations médicales.

Avant qu’une guérison inexpliquée ne soit qualifiée de miracles, il y a un protocole scientifique à suivre. Les médecins, considèrent aujourd’hui qu’une guérison peut être un miracle lorsque:

  • Le diagnostic précis de la maladie dont souffrait la personne a, à un moment ou un autre été posé. Ce qui signifie que la maladie doit avoir été authentifiée.
  • La guérison doit être totale, sans période de convalescence et sans rechute.
  • Aucun médicament ou traitement est à l’origine de la guérison.

Au final, avec ces nombreux filtres , peu de dossiers obtiennent le statut de miracles. Il est également difficile de dire avec précision combien de miracles ont ainsi réellement eu lieu, en partie parce que le comité n’était pas le même avant, mais aussi parce que certains miraculés désirent rester dans l’anonymat.

Signée: Votre chère Léa

Du simple curieux au pèlerin venant exprimer sa foi, Lourdes propose à tous ses visiteurs de participer à la vie liturgique du site. Le chemin de foi, tel qu’il est appelé sur leur site internet, se découpe en plusieurs activités et découvertes clés: La confession, la grotte des apparitions, la veillée au flambeau, la procession eucharistique, la messe internationale et le bain au piscines. C’est sur le dernier élément que j’ai aujourd’hui décidé d’écrire.

Avant de commencer, je tenais à vous préciser que lorsque j’étais au collège, j’ai moi-même voyagé à Lourdes durant une semaine, avec mon professeur de catéchisme.  Ce qui rendra la narration d’autant plus personnelle, puisque je pourrai vous apporter mon ressenti ! Car oui, j’ai été dans les bains de Lourdes.

Pour recontextualiser, il faisait très chaud ce jour-là, et il n’y avait pas énormément de monde dans Lourdes, car on était hors période de vacances. On avait fait des activités sportives le matin, puisque l’un de nos accompagnants avait une passion pour le football. On rentre ainsi dans Lourdes, pour quelques heures, avant de se préparer pour assister à la grande messe du soir. Et on passe devant les bains. Notre professeur nous demande , en voyant que la file d’attente était très courte (ce qui est relativement rare) si ça en intéresse certains. Et la chaleur m’ayant un peu tapé sur la tête, j’ai dit oui.

Je commence donc à faire la queue, ce qui prend environ 20/30 minutes (imaginez en période d’affluence), et suis conduite vers une cabine pour me changer. Là, plus de place pour la pudeur, puisqu’on se change au milieu de toutes les autres femmes. On conserve uniquement le sous-vêtement du bas. Après une longue attente, on est conduit dans le bain, on finit de se dévêtir, et on est recouvert d’un drap blanc. Les bénévoles qui vous attendent vous demandent quelle prière vous souhaitez réciter, et une fois la prière faite, vous demandent d’entrer dans le bain et vous plonge, sauf la tête dans l’eau glacée. Car oui, l’eau est juste glacée. Vous repartez ensuite vers la cabine pour vous rhabiller, sans vous sécher, et vous pouvez sortir. Bien que j’ai oublié nombre de souvenirs, puisque ça remonte quand même à une dizaine d’années, je me souviens avoir été traumatisée par la nudité, étant de naturel très pudique. Cependant, je dois admettre que le protocole est impressionnant, et que cette immersion, que l’on soit croyant ou non, fait quelque chose. Vous en ressortez … changé et chamboulé.

Cela n’en demeure pas moins une expérience à vivre, surtout pour les croyants, qui auront certainement vécu une expérience encore plus émouvante et éprouvante que la mienne.

Signée: Votre chère Léa.